J'ai fait toute ma scolarité dans du privé. A la base, mes parents fraîchement parents ont cherché une école, n'importe laquelle, pour nous y inscrire. Ils ont rencontré Mme M., directrice d'école privée, ont sympathisé avec elle, lui ont fait confiance pour notre éducation et hop la machine était lancée. Ensuite, quand vint en CM1 le moment de choisir le collège, la directrice nous en conseilla un. Qui était encore privé et faisait également lycée. Voilà, rien de méchant là-dedans.
Pourquoi ne nous ont-ils pas inscrits dans du public ? Je n'en sais rien, et puis je m'en fiche. J'ai très peu souvent cerné l'essence du débat privé/public, légèrement stérile à mes yeux. J'étais dans des écoles privées sous contrat, ce qui veut dire que j'étais soumise également au même programme que mes petits camarades du public : CP tu apprends à lire, CE2 les équations euclydiennes (dont tu apprendras en 3ème qu'elles le sont), 3ème brevet, terminale bac... Quoi de plus normal ?
J'ai eu des "avantages" à travers mon parcours, ceci dit : cours d'anglais dès la maternelle (la maman de Cécile était américaine et nous enseignait avec M. Patate sa langue). Jamais à subir de grève, mes profs, bien que payés par l'Etat au même titre que ceux du public, étaient toujours présents.
J'ai bien sûr eu des profs incompétents et des profs formidables. Il y en a partout.
Et puis, évidemment, ce qui fâche toujours : j'ai eu des cours de religion et de cathé. En fait, j'ai eu cathé jusqu'en CE2 (parce qu'après y'avait la préparation de la première communion, on allait pas faire deux fois la même chose), et aux collège et lycée c'était un peu de l'initiation, etc.
Eh oui, ma famille est chrétienne, et ce n'est pas un crime.
Donc, ces cours de religion m'ont beaucoup aidée : d'une part, on ne nous enseignait pas uniquement la religion catholique, on a aussi eu des heures passées à décrypter l'enseignement de Bouddha et de Mahomet. Et il y avait ces gens qui venaient témoigner "J'étais aveugle, je suis allée à Lourdes, à présent je vois". Bon, j'ai toujours été sceptique à ce genre de propos, mais quand on a la Foi, ça parle énormément, je le sais.
Au lycée, c'était plus des temps de débat : on essayait de nous faire réfléchir sur des valeurs morales (le Bien, le Juste,...) C'est assez enrichissant, au fond. Pour la première fois de ma vie, j'ai été en contact avec des gens qui s'en tapaient totalement s'ils n'avaient pas leur argent de poche à la fin du mois. Youhou.
Alors, bien sûr, le jour où Jean-Paul II s'est fait enterrer, ceux qui étaient absents étaient excusés. Et aussi, il arrivait que des religieux/ses se promènent dans les couloirs. Et que les profs de philo dérivent un peu sur le cours à propos de la Religion.
Mais enfin, ça ne m'a jamais choquée.
Parce que "malgré" ça, dès la 5ème j'ai eu droit à des cours sur la contraception, la prévention, etc. J'en ai eu trois pendant ma scolarité, et je crois que tout le monde ne peut pas en dire autant. Bon, ça n'a pas empêché certaines personnes de ne pas faire attention quand même, mais on a eu cette chance.
Ca ne m'a jamais perturbée non plus parce que, entre la période des écrits du bac et des résultats, nos profs étaient présents pour faire travailler ceux qui étaient susceptibles de passer au rattrapage.
Chaque semaine, pour nous préparer, on avait un devoir type bac, et on a eu trois oraux blancs au cours de l'année. Dans le lycée en face, où on nous traitait de "bourges" (m'en fous, moi, je sais que la révolution française a été initiée par les bourgeois, et que bourgeois ça veut dire "celui qui vit en ville" (dans le bourg), alors na), ils ont eu deux bacs blancs et pas d'oraux blancs du tout. Ce qui prépare excellemment aux épreuves, ne le niez pas.
Certes, l'ambiance était assez étrange, entre celle qui pleure parce qu'elle ne veut pas aller à Venise avec ses parents pour profiter de son copain, celui qui est sorti avec toute la bande de copines, celle qui attendait sa voiture neuve comme cadeau de bac, et celui qui espérait que ses parents allaient lui acheter un appartement à la rentrée... Parfois, l'argent, ça ruine un peu les mentalités, moi j'dis... L'ambiance, donc, était un peu dorée. Jeunesse dorée. Triste jeunesse dorée. Oui, il y avait beaucoup de gros cons, des gens extrêmement portés sur la religion et du fait un peu fermés d'esprit. Oui, j'ai vu une fille qui dessinait des croix gammées sur son cahier d'allemand.
Et alors ?
C'est pas le même genre de cons que dans le public.
Mais j'ai toujours ri bien bas des gens qui pensent qu'il n'y a rien que le public qui peut être compétent et former de vrais espris. Parce que, bon, soyons honnêtes.
Les gens cons ne sont pas tous issus du privé. Ca ne se tient pas, mathématiquement.
Et donc, hein.. ils viennent d'où les autres ? ...
mardi 13 mai 2008
A bonne école
dimanche 11 mai 2008
Un peu de retenue, s'il vous plait
"Un peu de retenue", c'est ce qu'on ordonne à un gamin qui hurle et pleure en faisant un caprice au rayon des jouets. Ou qui boude parce qu'il voulait du chocolat et que la vanille, c'est trop nul d'abord. Ou bien ce qu'on suggère à un couple qui devrait davantage suggérer plutôt qu'étaler.
Depuis peu, c'est également ce que notre Président de la République réclame de la part des autorités chinoises massacrant des Tibétains. Et c'est, enfin, ce que demande notre ministre des Affaires Etrangères aux acteurs internationaux et régionaux influents au Liban.
Apparemment, un peu de "retenue" permettrait de sauver des vies. Ou de continuer à agir salement, mais secrètement ? Selon mon dictionnaire, Le Petit Larousse illustré, retenue : n.f., action de garder. Eh bien, gardons notre calme ou gardons nos armes ? Nul ne sait. Mais agissons avec retenue.
samedi 10 mai 2008
Fête de l'Europe

Hier, c'était la Fête de l'Europe. En commémoration de la déclaration de Robert Schuman, un des papas de l'Europe, prononcée le 9 mai 1950 et amorçant la construction de la CECA.
Depuis plus de soixante ans, grâce à l'Europe, nous vivons en paix, c'est une première dans l'histoire du monde. De plus, nous sommes en zone économique prospère, grâce à Shenghen on peut librement circuler entre pays, on partage presque tous la même monnaie, grâce à des programmes comme Erasmus on peut voyager,...
Et si vous vous demandez pourquoi on n'en a pas vraiment entendu parler, la réponse est simple : tout étant toujours la faute de l'Europe (montée des prix à cause de l'Euro, on ne peut pas faire ce qu'on veut à cause de Bruxelles, on se fait condamner par la Cour Européenne des Droits de l'Homme, ...), eh bien on l'oublie un peu, l'Europe, la vraie, celle qui apporte du bon. Et c'est bien dommage, que ces préjugés nationalistes cassent à ce point la construction européenne.
jeudi 8 mai 2008
Dans certains pays, les grèves tournent mal...

Mon cousin du Liban est aujourd'hui venu me parler sur msn, et directement m'a dit : Tu as vu ce qui s'est passé ? ... J'ai répondu, oui, j'ai vu, il parait que le Liban va vraiment très mal. Il m'a répondu qu'il allait très mal, que c'était quasiment la guerre civile mais pas encore, pas tout à fait. Qu'il y a toujours un peu d'espoir, toujours un peu d'espoir.
Ensuite, il me dit qu'ils ont trois flingues chez eux et que donc tout va bien. Je lui dis de faire attention, qu'on s'inquiète, il me répond qu'il se moquait de moi, que je suis trop naïve, puis s'excuse d'avoir profité de ma crédulité (on a un humour particulier dans la famille).
Et direct, il enchaîne en me demandant comment vont les choses avec mon copain.
Et moi, j'ai le coeur serré, parce que je suis à l'autre bout du monde, je ne peux rien faire pour eux, rien du tout, et le Liban fait à nouveau, sinistrement, la Une des journaux.
J'en profite pour vous glisser le lien vers deux blogs qui parlent du Liban d'une très belle manière (même auteur) : ici et ici.
lundi 5 mai 2008
Hiiiiiiiiiiiiiiii !!!!!!
Je viens de recevoir une lettre de l'IUT de journalisme de Tours. Je l'ouvre, sans trop y croire, ça fait longtemps que je n'y crois plus. Alors j'ai besoin de relire trois fois la phrase qui m'explique que mon dossier a été retenu et que je suis autorisée à passer les épreuves écrites d'admissibilité !!!!!
dimanche 4 mai 2008
Hey! you've got to hide your love away
Ainsi donc, ce matin, je me lève et j'ai envie d'écrire parce que je suis à moitié heureuse. J'ai en effet plusieurs bonnes raisons pour voir la vie du bon côté : je me suis enfin trouvée (à peu près quoi, à mon échelle), mon amoureux est revenu pour le week end et va sans doute rester plus longtemps que prévu (pour cause de problème de voiture =/ ), le temps commence ENFIN à s'éclaircir et on peut profiter de la terrasse pour savourer un non copieux repas à l'extérieur sous la brise légère, j'écoute Joe Dassin, et demain tout sera résolu. L'autre moitié de moi-même ne partage pas toute cette bonne humeur, mais après tout laquelle devrais-je davantage écouter ? Si j'ai envie de voir le verre à moitié plein...
J'ai lu un livre magnifique : Le Zèbre, d'Alexandre Jardin. J'avais déjà lu Fanfan et j'avais été séduite, mais là je suis définitivement conquise et j'ai déjà prévu de me procurer Mademoiselle Liberté. Parce que POUR UNE FOIS qu'on lit des choses heureuses, utopiques ! Je commence à saturer des histoires d'amour qui finissent parce qu'"Il n'y a pas d'amour heureux". N'empêche que ce même Aragon avait quand même dit que "Le bonheur existe ailleurs que dans les nues". Je commence à n'en plus pouvoir de ces histoires pessimistes où tout le monde se trahit, se ment, se trompe, se tait et ne se réconcilie jamais. La vie ? Chacun choisit comment se comporter, il me semble, nul n'est obligé de mal se comporter pour se sentir humain, pour être humain. "L'erreur est humaine", certes, mais l'humain n'est pas erreurs, si je ne m'abuse.
Ah, ça y est, je suis énervée. Par ce politiquement correct qui implique qu'on ne parle que de ce qui n'est pas politiquement correct. Genre dénoncer ce qui va mal, c'est très bien. Mais oser dire que parfois il y a de bonnes choses, c'est sacrilège. "Qui sait souffrir peut tout oser", dit Vauvenargues. Eh bien, mes amis, vu notre société, on DOIT souffrir mais sans rien oser car la réussite est synonyme de beaucoup trop de choses négatives.
Restons négatifs et souffrons. Restons égoïstes et appliquons à la lettre "Pour vivre heureux, vivons cachés". Pleurons en public et cachons nos sourires. Il n'y a que comme ça que ça marche, on dirait...
